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QU'EST-CE
QUE LA BIBLE ?
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- LA BIBLE, PAROLE SUR DIEU
- Histoire de la Révélation
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Par
le fait même que la Bible, parole de Dieu est en même
temps parole d'homme, un grand nombre de tex-tes sont le reflet
des pensées et des croyances hu-maines à travers
les siècles durant lesquels se sont formées les
relations entre les hommes et Dieu.
Au
point de départ de ces relations, le peuple hébreu
vit, comme ses contemporains des pays voisins, une étape
plutôt primitive. Ses moeurs sont rudes. La vie de l'être
humain, de l'ennemi en particulier, n'a que peu de valeur. Ce
peuple combat, comme tous les autres peuples, pour son indépendance
et sa survie. Lui aussi, il est habité par des désirs
de conquête et tout cela ne va pas sans effusion de sang.
"
Josué dit à ses soldats: Ouvrez l'entrée
de la grotte et faites sortir les cinq rois que nous y avons enfer-més.
Après quoi, Josué frappa les rois, les mit à
mort et les fit pendre à cinq arbres. Ils restèrent
pendus jusqu'au soir. " (Josué 10, 22)
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Les
pratiques religieuses des fils d'Israël, au départ,
sont elles aussi influencées par les traditions païennes
du pays de Canaan. Celles-ci, par exemple, admettent des sacrifices
humains, ce qui explique le non-étonne-ment d'Abraham à
qui on demande de sacrifier son fils, et le serment de Jephté
de sacrifier à Dieu le premier être humain rencontré
après la victoire.
Même
chose en ce qui concerne la morale sexuelle, comme dans l'épisode
des filles de Loth couchant avec leur père. (Genèse
19, 30)
En
résumé, la révélation de Dieu assume
en bloc la situation de départ du peuple hébreu.
C'est dans ce tissu d'existences humaines, trop humaines, que
Dieu va jeter progressivement des semences de justice, de vérité,
d'amour, de purification des meurs et d'invita-tion à la
conversion.
On peut ainsi suivre, à travers les siècles, car
la Bible est écrite sur dix siècles, les étapes
du regard d'Israël sur son Dieu.
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Point de départ - Un Dieu guerrier et violent
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Au
début, quand ce peuple parle de Dieu, il le com-prend à
partir de sa culture humaine et religieuse plu-tôt fruste.
Il le peint avec des traits mélangés et le fait
parler avec les sentiments d'un homme violent et guerrier. Dieu
est avec lu¡ et lu¡ livre ses ennemis pour qu'il les
extermine.
Un exemple:
" Le Seigneur dit à Moïse: Venge les fils d'Israël
du mal que lu¡ ont fait les Madianites... Moïse les
envoya donc en campagne à raison de mille par tribu...
Ils partirent en campagne contre Madian, comme le Seigneur l'avait
ordonné à Moïse et ils tuèrent tous
les hommes... Ils incendièrent toutes les villes qu'habitaient
les Madiani-tes et tous leurs campements. Puis ils emmenérent
tout le butin et tout ce qu'ils avaient capturé en fait
d'hommes et de bêtes. " (Nombres ch 31)
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De
la même manière, quand le peuple a péché,
Dieu se dresse contre lu¡ " Le peuple se mit à
critiquer Dieu et Moïse: Pourquoi nous avez-vous fait monter
d'Egypte ? Pour que nous mourions dans le désert ? Car
il n'y a ici ni pain ni eau et nous sommes dégoûtés
de cette nourriture de misère.
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents brûlants
qui les mordirent et il mourut un grand nombre de gens en Israël.
" (Nombres 21, 5)
C'est
sur ce terrain de violence, commun à tous les peuples du
Moyen Orient d'alors, que la Révélation de la nouveauté
de Dieu va commencer.
Elle comportera plusieurs étapes à travers les siècles
et elle ne craindra ni la complexité ni le paradoxe.
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Les
étapes du changement
1.-
Un Dieu tout-puissant et humain à la foi
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TOUT-PUISSANT
Cette toute-puissance se manifesté, non seulement dans
le cosmos, mais aussi dans l'histoire d'Israël.
Dans
le cosmos, car Dieu est créateur. Tout a été
créé par lu¡. Les premiers chapitres du livre
de la Genèse en font foi
" Lorsque Dieu commença la création du ciel
et de la terre, la terre était désert et vide et
la ténèbre à la surface de l'abîme.
Le souffle de Dieu planait à la surface des eaux. "
(Genése 1,1)
L'épisode
du déluge se situe dans les mêmes perspectives, ainsi
que le Passage de la mer par les Hébreux au sortir d'Egypte,
et la théophanie du Sinaï.
Certains
miracles de Jésus soulignent cette même toute-puissance:
la pèche miraculeuse, la tempête apaisée,
le retour à la vie de Lazare, de la fille de Jaïre,
etc ...
Ce qui faisait dire à ses disciples:
" Quel est cet homme pour que même le vent et la mer
tu¡ obéissent ? " (Math 8, 27)
Dans
l'histoire d'Israël
Pour les fils d'Israël, c'est Dieu qui conduit leur his-toire.
Il les libère de l'Egypte, leur donne une terre et les
aide à s'y installer. Il choisit pour eux des rois qui
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les gouvernent et des prophètes qui les éclairent.
" Dieu, nous l'avons entendu de nos oreilles, dit le psaume
44. Nos pères nous ont raconté l'exploit que tu
fis en leur temps, au temps d'autrefois. Pour les im-planter,
de ta main tu as dépossédé des nations et
pour les déployer, tu as maltraité des peuples.
Ce n'est pas par leur épée que tu les as rendus
maîtres du pays. Ce n'est pas leur bras qui les a fait vaincre,
mais ce fut ta droite, ton bras, et la lumière de ta face,
car tu les aimais. " (Ps 44, 1)
HUMAIN
Humain,
comme vient de le dire le psaume, humain par-ce que amoureux de
son peuple. " Une femme ou-blie-t-elle son nourrisson ? Oublie-t-elle
de montrer sa ten-dresse à l'enfant de sa chair ? Même
si celles-là l'ou-bliaient, moi, je ne t'oublierai pas.
" (Isaïe 49, 1 5)
"
Je te fiancerai à moi pour toujours. Je te fiancerai à
moi par la justice et le droit, l'amour et la tendresse. Je te
fiancerai à moi par la fidélité et tu connaîtras
le Sei-gneur. " (Osée 2,16)
L'aboutissement
écrit de cet élan amoureux, c'est le Cantique des
Cantiques
" Je cherche celui que j'aime. Il faut que je me lève,
que je fasse le tour de la ville. Dans les rues et les places,
je cherche celui que j'aime. " (Cantique 3, 1)
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2.-
Un Dieu tout autre et tout proche en même temps
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TOUT
AUTRE
Tout autre à cause de sa sainteté et de sa justice.
Dieu est le juste par excellence, au même titre qu'il est
le Saint.
Sa justice c'est respecter chacun selon les droits les plus fondamentaux
d'exister et de vivre. C'est une jus-tice qui sauve. On peut mesurer
la lente découverte de cette justice à travers deux
textes distants de quatre siècles:
1er
texte: " Moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu
jaloux qui punit la faute des pères sur les enfants, les
petits-enfants et les arrière petits-enfants. " (Exode
20, 5)
2ème
texte: " Celui qui pèche, c'est celui qui
mourra. Le fils ne portera pas la faute du père, ni le
père la faute du fils. La justice du juste sera sur lui
et la méchanceté du méchant sera sur lui.
" (Ezéchiel 18, 20).
TOUT
PROCHE
Tout proche, car il se révèle comme un Dieu qui
cher-che l'homme. Il s'approche de lu¡, fait le premier
pas, part en avant à sa rencontre.
Dieu d'un homme, Abraham, il devient Dieu d'une fa-mille : Abraham,
Isaac et Jacob. Dieu d'un clan, les tribus, puis d'un peuple qui
dira de lu¡ : Yahvé qui nous a fait sortir d'Egypte.
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Ce
qui leur fera dire ensuite:
" Quelle est la grande nation dont les dieux se fassent aussi
proches que le Seigneur l'est pour nous, chaque fois que nous
l'invoquons ? " (Deutéronome 4, 7).
Ou
encore: De Moïse, Dieu a fait un intime.
" Il conversait avec Moïse face à face, comme
un hom-me converse avec un ami. " (Exode 33, 11)
De
plus, à mesure que le temps passe, le peuple d'Israël
commencera aussi à découvrir que la proximité
de Dieu s'étend à toutes les nations. " Les
ténèbres couvrent la terre et un brouillard les
cités, mais sur toi le Seigneur va se lever et sa gloire
sur toi est en vue. Les nations vont marcher à ta lumière
et les rois vers la clarté de ton lever. Porte tes regards
sur les alen-tours et vois. Tu verras et tu seras radieuse.
Ton
coeur frémira et se dilatera, car vers toi sera tour-née
l'opulence des mers. La fortune des nations vien-dra jusqu'à
toi. " (Isaïe 60, 2)
L'aboutissement
de ce mouvement sera célébré par Paul dans
la lettre aux Galates:
" Il n'y a plus ni Juif, ni Grec. Il n'y a plus ni esclave
ni homme libre. Il n'y a plus l'homme et la femme, car tous vous
n'êtes qu'un en Jésus Christ. Vous êtes la
descendance d'Abraham. Selon la promesse, vous êtes héritiers.
" (Galates 3, 28)
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3.-
La Grande Révélation: DIEU EST PERE
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Cette
Révélation explose avec Jésus Christ.
Dans les Evangiles, il ne peut pas y avoir d'erreur : Le Dieu
dont parle Jésus est le Dieu de l'Ancien Testa-ment: créateur
- tout-puissant - Tout autre et tout proche à la fois connaissant
bien les besoins des hom-mes. Il y a une continuité entre
L'Ancien et le Nouveau Testament.
Cependant, la marche de la Révélation sur Dieu,
avec Jésus, va de plus en plus porter l'accent sur sa pater-nité,
au point que, lorsque les disciples demandent à Jésus
comment prier, il leur dit:
" Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens.
Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait ce dont vous
avez besoin avant que vous ne le deman-diez. Vous donc, priez
ainsi Notre Pére qui es aux cieux, etc.
En
réalité, il y a quatre aspects différents
dans cette reconnaissance privilégiée de la paternité
de Dieu.
1.-
DIEU, PERE DES HOMMES
Il existe une relation de père à fils entre Dieu
et les hommes:
" Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous per-sécutent,
afin d'être les fils de votre Père qui est aux cieux.
(Matthieu 5, 45)
Plusieurs paraboles, d'ailleurs, mettent en scène un père
et ses fils, dont la plus connue est appelée Para-bole
de l'enfant prodigue.
2.
- DIEU, PERE DE JESUS
Allant beaucoup plus loin, Jésus revendique une rela-tion
tout à fait particulière avec Dieu en l'appelant
" Mon Pére ", en un sens privilégié.
L'aboutissement de la Révélation n'est pas un texte.
C'est quelqu'un. " Au commencement était la Parole
(le Verbe) et la Parole était tournée vers Dieu
et la Parole était Dieu. Tout fut par lu¡ et rien
de ce qui fut ne fut sans lu¡. " (Jean 1, 1)
Ce
qui fait dire à Jésus:
"Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre,
d'a-voir caché cela aux sages et aux intelligents et de
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l'avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père,
c'est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance.
Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul
ne connaît le Père si ce n'est le Fils et celui à
qui le Fils veut bien le révéler. " (Math 11,
27 et Luc 10, 22)
Jésus
est le seul, également, à appeler Dieu " Abba
", terme qui évoque l'intimité familiale..
Ainsi,
à l'agonie
" Abba, Père, à toi tout est possible. Ecarte
de moi cette coupe. " (Marc 14, 36)
3.-
DIEU, PERE DU CRUCIFIE
La mission de Jésus le conduit à la mort. Au terme
de ce parcours, Dieu devient le Père du Crucifié.
Le Père n'exige pas que le Fils meure. C'est l'accepta-tion
totale de sa mission qui conduit Jésus à accepter
les souffrances et la mort.
" C'était déjà presque midi et il y
eut des ténèbres sur toute la terre jusqu'à
trois heures, le soleil ayant dis-paru. Alors le voile du sanctuaire
se déchira par le mi-lieu. Jésus poussa un grand
cri et dit: Père, entre tes mains je remets mon esprit.
" 5 Luc 23,44)
4.-
DIEU, PERE, FILS, ESPRIT
Cette grande révélation de la Paternité particulière
de Dieu par rapport à Jésus se situe dans le cadre
de la Révélation Trinitaire.
Par le Fils et ¡'Esprit, c'est le Dieu unique et Père
qui vient en personne à notre rencontre et se donne à
nous. L'Esprit, celui qui habite les profondeurs de la vie di
vine vient habiter en nous. Cette bouleversante communication
de Dieu traverse les confessions de foi primitives. Elle a conditionné
la structure de notre cre-do et les termes de notre mission: "
Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père,
du Fils et du St Esprit. " (Math. 28, 1 9)
On
voit tout le parcours réalisé en dix siècles
par la Bible dans sa Parole sur Dieu. D'où l'importance,
à cha-que fois qu'on ouvre le livre, de situer le texte
choisi dans son contexte et dans son temps
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