Deux écritures, nous l'avons vu à la deuxième partie, ont servi à transcrire l'hébreu.
La plus ancienne, dite paléo-hébraïque, ets empruntée directement aux Phéniciens.
Ceux-ci avaient mis au point, dès le début du 1er millénaire avant J.C. un système alphabétique de 22 lettres qui, tracées de droite à gauche, ne notaient que les consonnes.
On pense, aujourd'hui, que c'est vers le 10eme siècle avant notre ère que cette écriture fit son apparition en Israël, c'est-à-dire quand la société nomade eut en grande partie disparu et que les habitants furent à peu pres tous sédentarisés. En tout cas, cette pratique est bien attestée à partir du seme siecle par de nombreuses inscriptions trouvées sur les territoires d'Israël et de Juda, comme le calendrier de Géser, du 10eme siècle, et un abécédaire de la même époque trouvé récemment à Tel-Zayit
Mais, quand Israël connu l'exil à Babylone au 6eme siècle, les scribes découvrirent l'écriture et la langue araméennes utilisées dans le pays. Cette écriture, elle aussi d'origine phénicienne, influença l'écriture paléo-hébraïque et la transforma en une écriture appelée
« hébreu carré ».
Mais c'est seulement au 8eme siècle de notre ère qu'un système de points et de traits fut inauguré par des rabbins, qu'on appelle Massorètes, pour indiquer la bonne prononciation. (Le mot Massorètes vient de l'hébreu « massorah » et veut dire« transmission »)
L'écriture, en réalité, est étroitement liée à l'urbanisation de l'Etat Judéen au 8eme siècle. C'est à cette époque que l'écriture c'est répandues dans toutes les couches de la société et ce fut une révolution, créant, en particulier, une tension entre l'oral et l'écrit.
Que la parole soit première, antérieure à tout apprentissage d'écriture, cela relève du bon sens quotidien. Mais ? disent aujourd'hui les exégètes, de la à en déduire la toute puissance des civilisations dites orales, il ya bien des obstacles.
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Pour que la transmission orale fonctionne, il faut, en effet, que soit réalisé un certain nombre de conditions :
- il faut des rythmes et des rimes faciles à mémoriser (ex. les contines)
- il faut une répétitivité des formules facilitant la conservation des connaissances (ex. des refrains)
- il faut enfin que la longueur des phrases ne soit pas excessive.
Cela peut fonctionner de temps à autre, et cela a fonctionné dans la Bible pour les noms de personnages et les grands événements ayant frappé l'imagination collective. Mais cela n'a pas pu fonctionner pour les innombrables petits événements relatés dans des livres comme La Genèse et l'Exode, et même les livres de Josué et des Juges.
Autre inconvénient de la civilisation orale: elle fonctionne au détriment de la réflexion. Elle se veut, en effet, répétitive et soucieuse de ne rien changer au message transmis.
Or la Bible, comme les grandes cultures de l'antiquité égyptienne, mésopotamienne, grecque etc. témoigne non seulement d'une transmission écrite, mais d'une véritable création littéraire.
Conclusion: c'est à une interprétation de l'écrit, à une recherche des écrivains bibliques, que nous allons procéder, avec toutes les difficultés que cela comporte. Le nom des écrivains n'a aucune importance. Rares sont, dans la Bible, les livres qui sont signés ou attribués à quelqu'un de précis, en dehors des prophètes.
Ce qui est important, par contre, c'est de savoir quand, précisément, les textes ont vu le jour, quel siècle les a produits et quelles circonstances ont présidé à leur éclosion.
Qui a écrit l'Ancien Testament ?
Cela veut dire surtout: quelle était la vie de ces écrivains et quels buts poursuivaient-ils dans leur entreprise ? |