Père Auguste Durgeaud
07/06/1922 – 27/05/2011
Messe d’action de grâces
31 mai 2011 à St-Laurent-sur-Sèvre

Dépouillé de son propre corps donné à la science, le Père Auguste reconnaît être appelé dès sa naissance, le 7 juin 1922, à devenir un serviteur de la vie :

  • « Le Seigneur m’a fait le cadeau précieux et premier de la vie, en passant par le chemin du cœur de mes parents bien-aimés qui s’aimaient d’un tel amour ! Ils ne pouvaient pas se passer l’un de l’autre. Je suis l’aîné de dix enfants. Mes sœurs et mon frère qu’avec mes parents tu m’as donnés, je les ai tous accueillis. L’entente et l’affection entre nous fut notre richesse ».

Serviteur de la vie, le Père Auguste a voulu le devenir dès son plus jeune âge en se laissant fasciner par l’exemple des Pères Riscours et Bidet, missionnaires montfortains venus prêcher la finale du Jubilé 1925-1926.

  • « Je fus éveillé déjà à partir de ce moment-là de « faire comme eux » ! Un simple désir de gamin de 4 ans, peut-être… Mais désir qui ne s’est jamais effacé ».

Serviteur de la vie, le Père Auguste a su mener le combat face aux épreuves de la santé.

  • « Peu après mes 21 ans, et en pleine guerre 1939-1945, mon parcours fut perturbé par une autre guerre sans merci, celle du bacille de Koch, qui s’est étalée sur six ans de galère : de 1943 à 1949. La maladie fut pour moi un extraordinaire chemin de vie et de formation humaine, chrétienne et montfortaine ».
  • Mais, à partir de 1949, ma vie est redevenue à peu près normale. J’ai enfin pu être ordonné le 30 juin 1952 et accomplir un parcours humblement missionnaire au service de la congrégation, y compris comme économe provincial ». et c’est de la part du Père Auguste une action de grâces :
  •  Merci, Seigneur, pour les ministères que, par mes supérieurs, tu m’as demandé d’accomplir, à DAX et SAINT PAUL, PARIS, LA GARDIOLLE, le CALVAIRE DE PONTCHATEAU, NOTRE-DAME DU MARILLAIS, SAINT-GABRIEL, LA SAGESSE, et enfin à notre Maison-Mère de SAINT-LAURENT

Serviteur de la vie, le Père Auguste l’a été toute sa vie, au service de Jésus qu'il a annoncé avec toutes les forces de sa foi, de son intelligence, de son cœur, de sa plume (et ordinateur) qu'il  maniait si bien, de sa voix enfin, même s'il avait le souffle un peu court à cause des opérations subies dans sa jeunesse pour sa maladie de poumons.
Il l'a été aussi par son sens de l'accueil, de l'hospitalité, comme il a su en témoigner surtout lorsqu'il avait la responsabilité d'une communauté, ce qui fut le cas une bonne partie de sa vie. Pensons en particulier à l'ouverture œcuménique qu'il avait donnée à La Gardiolle, dans un milieu largement marqué par la réforme protestante : tous s'y sentaient accueillis pour le partage et le dialogue.

Serviteur de la vie, le Père Auguste a voulu surtout témoigner de la miséricorde de Dieu qui, par St Paul,  nous redit « Ne brisez pas l’élan de votre générosité, laissez jaillir l’Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur ». Tout en se voulant solidaires de ces corps humains de tout âge, méprisés, violentés, déchiquetés, mutilés, dispersés, écrasés, victimes de catastrophes naturelles ou victimes des innombrables et innommables violences des hommes, le Père Auguste a eu la lucidité et le courage d’écrire :« Je me remets de nouveau corps et âme - et du coup définitivement – entre les mains de Marie, « Notre-Dame de Charité » de mon pays natal, et « Notre-Dame du Marillais », ceci en référence au Traité de la Vraie Dévotion de Saint Louis-Marie, et tout spécialement le N° 200. Bienheureux les protégés de Marie, « ils seront heureux dans l’éternité, parce que jamais aucun de mes bons serviteurs, qui a imité mes vertus pendant sa vie, n’a été perdu. »

Serviteur de la vie, jusqu’au dernier jour, le Père Auguste lui-même nous donne la conclusion de son parcours de vie missionnaire :

« Je sais que ce don, accompli en toute liberté d’esprit et de cœur, me sera bien rendu, dans le cœur de Dieu, en Jésus-Christ mort et ressuscité et dans la communion fraternelle de toute l’humanité rassemblée en Lui ».

Dossier du P. Durgeaud