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Frère René nous a quittés à la veille de ses 97 ans qu'il aurait eus le 8 juillet. Il a tout de même été notre doyen depuis la mort du Frère Paul, il y a un an et demi et un doyen vaillant jusqu'à cette chute malencontreuse, le 1er juin, dans sa chambre avec une fracture au niveau de la hanche obligeant à une hospitalisation et à une immobilisation qu'il supportait mal. Suite à une infection, il nous a quittés en ce matin du 15 juin, deux semaines après son accident. Au-delà de la douleur de son décès, les membres de sa famille si présents auprès de lui, surtout durant cette quinzaine pénible, sont heureux de voir son calvaire terminé. Son visage pacifié sur son lit de mort montre combien il a retrouvé la paix et la sérénité qui l'ont si bien caractérisé toute sa vie.
Il avait 30 ans lorsqu'il a fait sa première profession chez les Montfortains, après un service militaire de 2 ans et la mobilisation pendant la première année de la 2ème guerre mondiale.
Sa spécialité est indiquée comme "fermier", métier qu'il avait appris de ses parents agriculteurs. Fermier, il l'a été effectivement à La Chartreuse pendant 10 ans et au scolasticat de Montfort-sur-Meu pendant 7 mois. Mais c'est surtout à La Gardiolle qu'il a déployé son activité et sa compétence dans la culture de la vigne et la production de vin. Il y fait trois séjours: 5 ans, puis 2 et enfin 27 ans. Peu à peu d'ailleurs, il laisse la ferme pour s'occuper davantage du jardin, activité qu'il continuera à Chézelles pendant 10 ans, avant de rejoindre la communauté de Saint-Laurent en 1998. Là encore on le trouve en train d'aider au jardin tant qu'il a pu, manifestant ainsi son amour de la terre et son sens du service de la communauté.
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Quelques traits révèlent sa personnalité humaine et religieuse, sensible et tournée vers les autres :
- Il aimait à cueillir des fleurs dans les parterres, pour les offrir aux dames qui travaillent dans la maison.
- Tant qu'il a pu, il a fréquenté le club des anciens de Saint-Laurent pour jouer aux cartes et partager leur vie.
- Il y a deux ans, à 95 ans !, il prenait encore sa bicyclette pour aller au fond du jardin de la Sagesse ramasser des châtaignes pour la communauté et d'autres intéressés à ce cadeau offert de grand cœur.
- Sous les noisetiers il faisait concurrence aux écureuils pour remplir ses poches de noisettes, toujours pour les offrir aux autres !
- Mais le trait le plus caractéristique de sa vie, c'est certainement la profondeur toute simple de sa vie religieuse qu'il savait alimenter à la source féconde de la spiritualité de Saint Louis-Marie de Montfort et de la Bienheureuse Marie-Louise de Jésus. Tous les jours, il faisait son pèlerinage à leurs tombeaux : le 31 mai il y était encore, avant son accident le lendemain matin.
La joie de vivre, il la cultivait en répandant la joie autour de lui, même en jouant de l'accordéon pour faire danser les vendangeurs à la fin d'une semaine de travail à La Gardiolle. Il a été heureux dans sa vocation de Frère missionnaire montfortain et il a su rendre les autres heureux autour de lui. Nul doute que le Seigneur lui dit aujourd'hui: "Entre dans la joie de ton Maître", en compagnie de Marie à qui il s'est si souvent adressé pour lui demander de prier pour lui, "maintenant et à l'heure de la mort"
René PAUL, smm
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