Le mot du Provincial

Fleuris là où tu es planté !
 St François de Sales

P. Pierre Bonhommeau. SMM

Trois semaines de présence à Rome !

Trois semaines de convivialité et de travail en équipe !

Trois semaines
de relecture de notre vie missionnaire montfortaine !

Préparé avec compétence, le chapitre général a laissé apparaître les dynamismes de la congrégation sans pour autant masquer certaines limites. Personnellement, j’ai apprécié ce climat de vérité et de liberté de parole qui, aujourd’hui, nous permet de reconnaître que le flambeau missionnaire est repris par de nouvelles générations montfortaines à travers le monde.

Une certitude : vivre en missionnaire
à la suite du Père de Montfort
et
en Compagnie de Marie 
concerne toutes les bonnes volontés.

Aucune expérience n’est inutile : joie, imprévus de la vie, difficultés de santé, accommodements divers. Dès l’instant où nous entrons dans l’acceptation parfois douloureuse puis ensuite paisible du quotidien, tout contribue à développer notre fidélité à être missionnaire. Rien n’est perdu de ce que nous offrons à Dieu par les mains de Marie. Même les imperfections, les failles, les faux pas, tout nous encourage à poursuivre notre marche à la suite « des pauvres apôtres ». Sans chercher de coupable, sans céder à la critique stérile, sans même s’autodétruire, un chapitre nous apprend à nous réconcilier avec nos manques en nous appuyant sur les « talents » que le Seigneur nous demande de faire fructifier.

C’est ainsi que lors de la deuxième session de notre chapitre provincial du 23 octobre au 27 octobre 2011  à la Melleraye, nous garderons la préoccupation de transfigurer en Sagesse ce qui est faiblesse aux yeux du monde. Seul Dieu est capable de faire un bien de toutes nos failles.  Pour nous en persuader, je n’hésite pas à recourir à ce récit venant d’une autre culture :

  • « Un porteur d’eau indien se déplaçait avec deux grandes cruches suspendues aux deux extrémités d’une pièce de bois, qui épousait la forme de ses épaules. L’une n’avait aucun défaut, tandis que l’autre était fêlée. Chaque jour il s’en servait pour livrer l’eau à son maître. Pendant le trajet, la cruche fêlée perdait la moitié de son contenu. Au bout de deux ans, pleine de culpabilité, elle fit remarquer à son propriétaire qu’à cause d’elle il ne pouvait pas remplir sa mission correctement. Compatissant, le porteur d’eau demanda à la cruche de regarder le long du chemin, du côté où il la portait. Elle vit que des fleurs magnifiques y avaient poussé.
  • L’homme expliqua qu’il savait que la cruche perdait la moitié de son eau. Alors il avait eu l’idée de planter des graines le long du sentier. Chaque jour, elles étaient arrosées par l’eau qui sortait de la cruche fêlée et le maître, en plus de l’eau, recevait ainsi des fleurs qui décoraient sa table. Il en était ravi. »

D’une façon ou d’une autre, ne sommes-nous pas tous « cruches » ? En effet, nous sommes tous appelés à être remplis de l’amour gratuit et prévenant de Dieu pour redonner de l’Espérance autour de nous.  Mais restons lucides.

  • Certains sont « cruches » sans le savoir et ont l’illusion d’être parfaits.
  • D’autres se reprochent sans fin d’être « cruches », se dévalorisent, sans voir toute l’utilité et le parti que Dieu peut tirer de leurs imperfections.
  • Il en est qui se réjouissent de leur fécondité de « cruches » et remplissent simplement et joyeusement leur fonction. 

Sans tomber dans la morosité ou le découragement, sachons profiter de cette deuxième session de chapitre provincial pour confier à Dieu par les mains de Marie, nos projets, nos attentes, nos rêves mais aussi nos actions présentes et nos décisions relatives à la période des six années à venir.

Dieu peut transformer toute imperfection en perfection en y mettant sa sainteté.  Mais c’est à chacun d’accueillir cet appel :

Fais confiance à Dieu Seul
et
« Fleuris là où tu es planté ».