Les réactions face à la perspective des communautés fraternelles internationales peuvent être variées. Peut-être à cause de blessures du passé ressentons-nous que tout est plutôt difficile; peut-être à cause de l'échec d'expériences similaires précédentes considérons-nous que ce serait utopique de tenter de nouveau et d'insister encore; ou bien nous sentons-nous fatigués ou dépassés par l'histoire et préférons-nous rester tranquilles, être laissés en paix; ou encore admettons-nous que tout cela est beau, mais que ce n'est pas chose facile d'y arriver.
En ce qui me concerne, je veux adresser à moi-même et à vous tous une invitation : regardons autour de nous et découvrons des confrères et des personnes dont le visage reflète le bonheur d'une vie vécue dans l'amour. Ils ont suivi le Maître avec un amour tel qu'il leur est apparu facile, sinon spontané, de s'ouvrir aux autres et de croire en eux. Les exemples concrets nous disent que ce chemin est toujours possible. Certes, il passe par la voie de la croix et de la réconciliation; il détruit les murs que nous nous sommes construits : entre générations, entre jeunes et anciens, entre cultures, entre occidentaux, asiatiques, africains, latino-américains; murs entre conservateurs et progressistes, et murs faits de tant de préjugés. Nous sommes appelés chaque jour à reprendre le chemin évangélique des disciples d'Emmaüs qui, tout en écoutant le Seigneur, avaient leur cœur tout brûlant et qui, après la rencontre avec lui, coururent à la rencontre des frères, remplis de bonheur.
C'est la rencontre avec l'Autre et avec les autres, la relation profonde et fraternelle qui donne le vrai bonheur et la force de s'unir à Lui pour porter "la vie et la vie en abondance".
Dans la mesure où nos chemins de communautés et de communautés interculturelles deviendront, jour après jour, malgré leurs limites, un témoignage de fraternité, dans cette mesure seulement nous pourrons devenir de nouveau une présence signifiante aujourd'hui.
Il me plaît en ce moment de rappeler Saint François quand il disait : "Prêche l'Evangile dans le monde entier et, si nécessaire, utilise les paroles". C'est par le témoignage de vie que nous annonçons l'Evangile! Aujourd'hui le chemin des
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fraternités interculturelles est un signe des temps. Nous parlons de crises au niveau politique, social et économique et nous en analysons les causes. Je crois que la crise la plus profonde se trouve dans la non-culture du sécularisme : il met à tout prix l'homme au centre et il en fait un absolu, tout en perdant le chemin de la véritable humanisation par refus de reconnaître que l'image de Dieu est imprimée en nous et dans les autres. Dans un monde qui se globalise en oubliant cela, nos communautés sont appelées aujourd'hui à porter cette annonce missionnaire à l'exemple de la première communauté chrétienne qui en était arrivée à vivre "avec un seul coeur et une seule âme" parce qu'elle se rassemblait pour écouter l'enseignement des Apôtres et pour prier (cf Ac 2,42ss). De plus nos communautés sont appelées à retrouver dans le charisme de saint Louis Marie de Montfort l'héritage qui nous rassemble autour d'un projet commun au service de l'Evangile.
Panneaux en terre cuite de Lia Antonucci Capobianco,
inspirés par la Prière Embrasée
Ginosa (Taranto – Italie)
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