Témoignage d’un participan
Ont été présents à l’Assemblée, par ordre de profession
perpétuelle, les confrères suivants : Eugenio Cucchi, Jean de Dieu
Ekanga, Jean de Dieu Bokumu, Frédéric Bolumbu, Théophile
Molepelia et Constantin Atalipa. Le frère Karlos est empêché
pour des raisons de santé.
Prions pour la Compagnie de Marie dans le monde, et
précisément pour le petit troupeau de la Compagnie de Marie
oeuvrant actuellement à Kisangani en RDC : Seigneur, nous
poursuivons la mission de St Louis-Marie de Montfort, peut-être
moins explorée mais mission de Prière Confiante. Très confiant en
Dieu providence, le père de Montfort nous encourage à former des
jeunes confrères à la suite de sa prière Embrasée pour donner des
enfants et des serviteurs à Marie, mère de l’Église… Nous te prions
de donner à travers nous ces enfants en qualité et en quantité…
Au service de la Compagnie, deux conseillers généraux :
les pères Luigi Gritti et Enrique Gonzalez, se sont déplacés
pour Kisangani en RDC, au foyer de la petite Délégation Générale
de l’Afrique francophone.
Au sujet de ce « foyer », rappelons un extrait du Rapport
de Congrégation 2005-2011 : « Notre présence limitée et modeste
dans la RDC nous a placés devant l’alternative soit de la
continuer, soit d’y mettre fin définitivement. Notre choix a été de
la continuer mais en cherchant à la renforcer avec une présence externe. En fait, il s’agit d’une présence missionnaire ordinaire…
Nous avons alors demandé à la Province Italienne une aide venant
de la Délégation du Malawi. A l’heure actuelle, la petite
Délégation est en train de se réorganiser avec trois communautés
dans le diocèse de Kisangani : une pour la formation, une
deuxième pour la pastorale et une troisième pour l’administration
et l’accueil. » Ceci reste notre véritable défi !
Ce fut l’arrivée des deux conseillers le mercredi mardi
20 décembre 2011 à Kisangani, puis séjour du 21 au 30 :
respectivement à la communauté de formation/Philosophat Edith Stein (21-23), ensuite à la
communauté paroissiale St Paul Kibibi (23-25), et enfin, comme au début, à la communauté
résidentielle du Supérieur Délégué. Ces tournées dans nos trois communautés montfortaines de notre
entité, nous amènent à rendre grâce au Seigneur pour avoir en si peu de temps beaucoup reçu de la
part des délégués de la Compagnie.
La jeune Délégation, plus exactement ce « foyer » de la RDC, a été désiré et érigé comme
entité autonome au coeur de l’Afrique, en 2008, dans le but de renforcer le travail missionnaire et
l’administration de proximité en montfortanie africaine francophone. Ici, il ne fait pas de doute
qu’une étude des conditions
de faisabilité du projet est à
envisager au plus tôt pour
plus d’efficacité par un
renforcement en confrères
de l’extérieur, d’Asie peut-être.
Il faut que plus de
confrères prennent au
moins l’audace de venir « piétiner » notre sol : la
maison pied-à-terre de
Kinshasa. Paradoxe : évitons trop de discours sur
la mission, mais ayons plus
d’audace à diriger cette
mission en termes de
personnel pour la RDC et
pour travailler… Sinon,
l’entité devra disparaître…
Cependant, le foyer reste
embrasé par le feu du Saint-Esprit : défi !
En prévision de cette visite, le conseil de la DGAF exprimait sa volonté de voir la visite se
dérouler effectivement « au milieu » de nous. Au terme de ce passage, nous sommes satisfaits de
constater que les missionnaires ont donc librement vécu au milieu de nous. Ensemble nous avons vécu la joie pour les uns de nous retrouver, pour d’autres de nous rencontrer pour la première fois.
Ils sont vraiment restés présents voire « immanents », en vrais amis de l’Emmanuel.
A la Maison Providence de formation, 7 postulants sur 22 vont terminer la troisième année
de Postulat. La formation, champ prioritaire de notre présence ici, est jusqu’ici assurée par deux
confrères. Mais les deux s’engagent aussi au Philosophat Edith Stein : enseignement et gestion en
comité. Rappelons qu’Edith Stein est une oeuvre de la congrégation en collaboration avec deux
autres congrégations oeuvrant à Kisangani. Au terme de notre premier mandat quant à sa direction,
osons dire qu’un suivi minutieux de la congrégation devra vraiment être fait pour vérifier si cette
collaboration doit pouvoir continuer en bonne et due forme…
La pastorale particulière de la communauté se fait principalement autour du vicariat
dominical que nous effectuons au sein de l’aumônerie militaire. Elle est de longue tradition
montfortaine à Kisangani, et nous sommes heureux de l’assumer.
Durant les deux jours de leur séjour, nos hôtes se sont rendus disponibles pour écouter les
confrères de cette communauté avant de rencontrer en deux temps, le groupe des 22, c’est-à-dire, les
postulants : ceux-ci ne manquent pas de préoccupations. En se préparant à poursuivre la formation
ailleurs, l’Anglais et le scolasticat au Kenya, le chemin vers la France pour le noviciat, l’incertitude
des visas, etc., tout cela relève de défis à notre portée. S’ils devaient contribuer davantage à la survie
de la communauté, leur seule participation au travail manuel et l’organisation des services
communautaires sont les choses essentielles que nous leur demandons dans le respect de leur liberté
et le sens des responsabilités. A la Compagnie de poursuivre la subvention, si modeste soit-elle.
L’animation vocationnelle a constitué un champ de mission à la portée des membres, mais
les activités sont coordonnées par un animateur. On reconnaît la difficulté : le risque de recruter des
membres au-delà de no- |

De gauche à droite en arrière : Frédéric Bolumbu, Théophile Molepelia, J.Enrique González, Eugenio
Cucchi, Jean de Dieu Bokumu.
En avant : Jean de Dieu Ekanga, Constantin Atalipa, Luigi Gritti.
tre milieu d’insertion, nous invite à faire confiance, notamment à nos soeurs
Filles de la Sagesse ou aux Frères de Saint Gabriel. À ceci, s’ajoute naturellement la question des
candidats ayant fréquenté avec succès l’université. Les discussions et pistes de solution à ce sujet ont été de grande utilité pour notre avenir.
La gestion des biens au service de la mission constitue un défi majeur pour notre jeune entité
qui est optimiste pour les projets déjà élaborés depuis 2009. À propos de ces projets, la priorité à
donner aux uns par rapport aux autres et le courage pour commencer malgré la situation de non
viabilité, sont les défis majeurs pour notre entité encore en recherche. L’économat s’apprête, après
observation, à animer ce service avec l’appui de chaque membre.
De la Communauté pastorale St Paul, le père curé travaillant en paroisse avec un religieux des
Augustins de l’Assomption a reçu nos hôtes avec déférence, leur faisant voir d’une part sa joie de
travailler comme pasteur, et son souci d’avoir une équipe agrandie pour plus d’efficacité et de
rendement. C’est d’ailleurs aussi dans ce sens que sont allés les propos présentés lors de l’Assemblée.
« Donnez des enfants et des serviteurs à votre mère ». Alors que notre rencontre, notre prière,
nos présentations, nos questions, nos discussions, mais surtout les synthèses des conseillers en visite,
constituaient, pour ainsi dire, un grand événement, on pouvait autant interpréter ce « triduum » comme
le plus grand message de Noël et de fin d’année que nous lance le Seigneur pour un vrai renouveau en
Esprit et en vérité : accueil, optimisme, courage et zèle apostolique, amour fraternel, etc.
Les questions les plus importantes ont tourné, à mon sens, autour de la qualité de notre vie
de frères, dans une communauté trinitaire aussi limitée en membres. Autant l’histoire, « têtue »,
atteste que nous avons perdu suffisamment d’hommes dans les 15 ans passés, autant il nous revient,
aujourd’hui plus qu’hier, de renouveler notre confiance à Dieu qui nous appelle en nous aimant, et
en nous faisant confiance. Ce Dieu nous dote de toute sorte d’atouts pour travailler effectivement à
sa moisson. Les qualités et faiblesses/défis qui sont les nôtres, nous permettent de revenir à la réalité
et de commencer chacun de nous à nous regarder afin de mieux envisager la forme évangélique que
nous entendons donner à la DGAF à partir de 2012 et dans l’avenir.
Pour la vie ou la mort de l’entité DGAF, « Qui aurait vraiment fait quoi? avec quel effet? ».
A la place des accusations mutuelles de triste mémoire, notre « célébration », nous a engagés à
procéder chacun, librement, par l’aveu de ses limites, et la reconnaissance de ses qualités. Cette
manière de faire et de vivre nous a beaucoup aidés à oser cheminer en vérité, vers la stature du Christ.
Au terme des échanges, des discussions, nous avons du fond du coeur pu chanter en compagnie
de Marie, le magnificat, en découvrant communautairement la présence des confrères. Nous avons
accueilli l’expression de l’image des confrères vivant dans la joie, avant de reconnaître que nous avons
besoin de la grâce là où la faiblesse semble nous enlaidir ! « Ma grâce te suffit ». Heureusement,
Seigneur, je compte donc sur ta grâce ! Merci à la communauté qui m’accueille et me supporte comme
je suis quand il n’y a rien à craindre; c’est vraiment ceci qui s’appelle miracle : l’amour, la
compassion, mais aussi le courage de grandir en me confrontant à mes limites plus qu’en les fuyant.
Au terme de ce discours, je suis convaincu, moi, qu’un jour, au prix de la patience et
au terme de la longue nuit de notre histoire, le véritable jugement de ce qui se vit réellement en
RDC, en Afrique, se révélera au grand jour!
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