Rencontre Internationale St-Laurent-sur-Sèvre (RISL)

"Écoutez, venez à moi: Je veux vous rendre heureux" (Prov 8, ASE no.66)

Programme du 5 août 2010

Jeudi 5 août

De 8 à 8h45 : Petit-déjeuner au self

9h15 : Prière du matin
« Chapelle Inst. St-Gabriel-St Michel

10h. : Conférence dans la salle omnisport.
« Je vais vous rendre heureux”  (Prov 8)
+ Godfried Card. Danneels
Archevêque émérite de Malines-Bruxelles.

11h15 : Eucharistie dans la Basilique

12h30 : Déjeuner au self

15H30 : Salle omnisports
« La vocation aujourd’hui »
Les 3 congrégations

17h. : Conférence dans la salle omnisport.
Introduction à notre pèlerinage de Pontchâteau
P. Georges Madore, smm

Temps personnel

19h. : Souper au self

20h15 : Veillée de Prières dans la salle omnisport
« Ecoutez, venez à moi, je veux vous rendre heureux »
P. Frans Fabry, smm

 

« Je vais vous rendre heureux » (Prov 8)

+ Godfried Card. Danneels
Archevêque émérite de Malines-Bruxelles.

Dans le livre des Proverbes c. 8, la bible parle de  la Sagesse. Mais d’une manière quelque peu mystérieuse. Car elle présente cette Sagesse non pas comme une chose, mais comme une personne vivante. En effet, elle court dans les rues de la ville en criant : »Allez venez manger de mon pain et buvez du vin que j’ai mêlé ». Cette Sagesse en effet c’est une personne, c’est  le Christ. Mais tout cela l’auteur ne le savait pas et Dieu ne pouvait pas encore le lui révéler. La Sagesse, c’est en effet la deuxième personne de la Trinité, c’est le Christ Jésus. Grignion de Montfort en parle longuement dans ses écrits. Et cette Sagesse (qui est Jésus) dit : « Venez je vais vous rendre heureux ». « Marchez dans la voie de l’intelligence », dit-elle encore. Cela veut dire que le Christ  - la Sagesse - est lui-même le chemin vers le bonheur, un chemin de vie. Il tient en ses mains les clés de notre bonheur.

Méditons donc pendant quelques instants sur ce bonheur que le Christ-Sagesse nous donne. Cherchons les clés de ce bonheur. Comment le chemin du Christ est-il un chemin de bonheur ? Comment devenir heureux avec lui ? Nous le ferons avec Marie et en méditant les mystères du rosaire. Vingt conseils  pour devenir heureux en suivant le Christ, notre Sagesse. Vingt passages obligatoires pour devenir  heureux.


Les mystères joyeux

L’annonciation 

Le premier secret du vrai bonheur est dans le ‘oui’. Qui dit ‘ oui ‘devient heureux. Car le ‘oui’ dilate le cœur, donne de l’oxygène dans les poumons et de la force dans tout l’homme. Le ‘oui’ même s’il coûte, rend fort. Le ‘non’ rend triste et il bloque la générosité. Il se renferme sur soi. Sauf si c’est un ’non’ au mal. Mais ce non est en effet un oui déguisé.

Ce ‘oui’ doit se dire souvent dans le noir. On ne voit pas comment tout cela se réalisera. Mais cette obscurité n’est pas que ténèbres, c’est la nuit de la foi et de la confiance. C’est oser marcher sans voir où l’on va, même si l’on sait que c’est le chemin du bonheur. Ce’ oui’ ne rend vraiment heureux, que lorsque l’on ne demande pas d’explication sur le ‘comment’. Car l’abandon à Dieu ne demande pas de preuves. Il ne demande pas comment ‘nous’ pourrons le faire, car ce n’est pas nous, c’est Dieu qui fera .Le premier secret du bonheur c’est le ‘oui’ sans demander des explications sur le ‘comment’.

2.   La visitation

Le second secret du bonheur c’est – après la visite d’un ange – avoir le courage de bouger. Marie ne restait pas dans sa maison pour jouir de son bonheur. Non, elle se tient sur la pointe de sa chaise, prête à courir vers sa cousine Elisabeth pour l’aider Elle ne se blottit pas dans le confort et la douce méditation sur le bonheur qui lui échoit. Elle transforme son bonheur personnel en charité. Marie court, elle bouge. Aucun autre évangile ne fait bouger les personnages autant que cet évangile de la visitation. Tout bouge : Marie, Elisabeth, les petits enfants dans le sein de leur mère. Le secret du bonheur c’est de s’oublier pour aller vers l’autre, immédiatement et sans attendre, c’est briser le cercle du moi pour le transformer en ouverture sur un toi. C’est  chercher autour de soi où trouver l’Elisabeth que Dieu met sur notre route et d’y aller. Et d’y rester quelque temps. De ne pas se limiter à un furtif bonjour. Marie reste même  trois mois.

3. La nativité

Troisième secret du bonheur. La crèche. C’est le bonheur de savoir que notre Dieu est si grand, qu’il peut se faire tout petit. Car il faut être  très grand pour être capable de se faire si petit. Peut-être que Marie, la première fois qu’elle voyait son enfant, a pensé : comme il est petit ce fils de Dieu, tout juste comme un autre bébé, rien de spécial. Oui, si petit. Le fils de Dieu n’est-ce que cela ?

Mais quel bonheur d’avoir un Dieu petit en apparence. En effet le vrai Dieu n’est pas dans la tempête, mais dans la brise légère. Comme l’avait déjà constaté Elie sur la montagne de Dieu. Quant Dieu passe, il ne fait pas de bruit.

Le bonheur c’est d’avoir la grâce de déceler dans notre vie les petites manifestations de Dieu et de les identifier.  Dieu ne parle pas dans le spectaculaire, mais dans les choses et les événements simples de la vie de tous les jours: dans l’Ecriture, les sacrements,  dans l’Eglise telle qu’elle est, dans la pauvreté d’une simple paroisse. Le bonheur que Dieu nous offre ressemble à nous: il est lui aussi petit. La troisième clé du bonheur c’est «  le bonheur du petit format », le format de notre Dieu et de nous-mêmes.

4. La présentation au temple

Pourquoi Marie et Joseph devaient-ils aller présenter Jésus au temple pour le montrer à son Père du ciel. Jésus était toujours avec son Père dans le sein de la Trinité. Il ne fallait pas se déplacer à Jérusalem.

Mais Marie et Joseph voulaient se conformer à la foi des simples gens. Ils participaient à la religion de leur peuple; Ils ne voulaient pas avoir un régime spécial pour eux tout seuls. Oui, il y a un véritable bonheur que de prendre place dans la piété populaire séculaire des pèlerinages, des sanctuaires mariaux,  de Lourdes et Fatima, La Salette, Saint-Laurent-sur-Sèvre. De prendre place dans les rangs des petites gens. C’est un secret du bonheur pour nous: prendre place dans les rangs des pauvres pèlerins

5. Jésus retrouvé au temple.

Marie et Joseph, qu’ont-il pensé lors de cette première ‘désobéissance’ de leur fils  qui était resté à Jérusalem sans rien leur dire. Trois jours ont-ils cherché. Ils n’ont rien compris à l’attitude de Jésus. L’évangile le dit explicitement : « ils ne comprenaient rien » ; Quelle souffrance. Cà, ils n’avaient jamais osé penser. Quelle surprise ou peut-être même quelle déception que leur fils était si autre qu’ils n’avaient pensé.

Oui, Dieu peut nous faire des surprises dans notre vie. Nous engager sur un chemin ou un travail, que nous croyions être pour toute notre vie. Et puis: tout à coup il demande une chose tout à fait différente. Seigneur où est ta logique dans ce que tu me demandes ? Oui, notre Dieu est un Dieu de surprises. Mais il y a un vrai bonheur à suivre les surprises de Dieu.  Après coup nous apercevons que c’était nécessaire de changer, que c’est Lui qui dirige notre vie et qui nous met sur le chemin de la docilité. Rien qui rend plus heureux que de suivre les indications d’un tel guide. Il est le seul à voir loin et à nous rendre heureux à terme. Cinquième secret du bonheur : entrer sans crainte dans les surprises de Dieu. Apprendre à obéir.


Les mystères lumineux

6. Le baptême de Jésus

Notre baptême contient un véritable secret de bonheur: c’est le bonheur de la grâce gratuite. Nous avons presque tous été baptisés et comblés de la grâce du Seigneur , alors que nous n’avions rien fait pour le mériter. Nous ne pouvions même rien faire pour mériter cette grâce. Dieu est toujours premier: il nous devance. Longtemps avant que nous ayons fait quoi que ce soit: il est déjà là avec sa grâce. Il nous inonde de grâce. Quel bonheur de savoir que Dieu est déjà là avant que nous y pensions.

Mais dans notre baptême il y a encore un autre secret du bonheur . Lors du baptême de Jésus dans le Jourdain, le ciel s’est ouvert et une voix a proclamé : « Celui-ci est mon fils bien aimé en qui j’ai mis toute ma complaisance ». La même chose s’est passée lors de notre baptême. Dieu a dit à chacun de nous : tu es mon enfant bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour. Nous sommes devenus des enfants de Dieu avec les mêmes droits que Jésus. Quel bonheur d’avoir un Père qui nous donne la vie.

 Le baptême de Jésus nous donne un double bonheur : la gratuité de la grâce – Dieu nous devance toujours – et de joie d’avoir un Père.

7. La première annonce

Quelles ont été les premières paroles que Jésus a prononcé après trente ans de silence ? Qu’a-t-il voulu nous dire en premier lieu ?.  Quand on rencontre pour la première fois un personnage important, nous nous demandons tous: que va-t-il me dire en premier lieu ?

Les premiers mots de Jésus  les voici : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle». Cette phrase contient un double secret de bonheur.

 D’abord le bonheur de pouvoir confesser nos péchés – nous convertir – et de savoir que Dieu ne demande rien de mieux que de nous pardonner. Confesser ses fautes c’est retourner dans la vérité avec soi-même et de pouvoir dire qui nous sommes sans devoir nous montrer meilleurs que nous sommes. Nous pouvons être pécheurs. Rien de plus libérateur que la confession et faire l’aveu de ses fautes. Quel bonheur d’être accepté par Dieu comme un simple pécheur et de recevoir le pardon.

Mais la phrase de Jésus continue : « et croyez à la bonne nouvelle ». Sommes-nous conscients de la joie d’avoir reçu l’évangile de Jésus ? Tout cela nous semble si normal. Mais quel bonheur ! Imaginons un moment de ne pas connaître les paroles de l’évangile : quel manque ! pas de sermon sur la montagne, pas de paraboles, pas d’évangile de l’enfance, pas de passion et de résurrection, rien sur le Père et l’Esprit.

8. Les noces de Cana

Par sa présence aux noces de Cana, Jésus consacre les simples joies de la vie humaine : les noces. Il consacre tous les moments de la vie humaine : la naissance, la puberté, le mariage, la maladie. C’est le bonheur d’avoir les sacrements qui consacrent toutes les situations vitales de la vie humaine. Le Christ nous accompagne tout au long de notre vie

Mais il y plus : Cana ce n’est pas simplement la bonté du Christ qui aide les jeunes mariés dans leur gêne à cause du manque de vin. Il ne pose pas simplement un acte de générosité. Car le vin en abondance, c’est déjà la préfiguration du vin eucharistique ; Il y a un secret dans ce vin  de Cana : il est l’annonce d’un vin qui ne donnera plus soif.

Quel bonheur de savoir que les choses de la nature et de la terre seront élevées par le Christ dans les sacrements, pour devenir sources de vie divine pour notre âme: l’eau, l’huile, le pain et le vin. Quel bonheur de voir comment la beauté de la création est transformée en canal de grâces dans les sacrements !;

9.  La transfiguration

Petit à petit les apôtres se sont rendu compte que la vie de Jésus allait finir mal. Ils avaient peur du voyage à Jérusalem pour la fête de Pâques qui approchait. Thomas disait même à ses amis: « venez allons à Jérusalem et mourons avec lui. » Ils perdaient courage. C’est à ce moment précis, que Jésus prend trois de ses apôtres  et les amène au sommet de la montagne. Là il est transfiguré devant leurs yeux: un vêtement blanc comme le soleil. Une voix du ciel répète ce que le Père avait dit lors de son baptême dans le Jourdain : « Ceci est mon Fils bien aimé, écoutez-le ».Jésus veut consoler ses disciples et les encourager pour qu’ils soient à même d’affronter l’épreuve qui viendrait dans les prochaines semaines.

Jésus fait de même pour nous. Tout au long de notre vie, nous recevons de lui de très courts moments d’encouragement et de consolation, où nous voyons la puissance et la beauté de Jésus et de notre foi. Ce sont les petites transfigurations, des courts moments de Thabor.

Car il y a un profond bonheur dans ces simples expériences de joie, de beauté, d’enthousiasme que sont les fêtes, la liturgie, des gestes de foi et d’amour autour de nous, et tant d’autre contacts avec un Jésus transfiguré. Nous avons aussi nos petites collines de Thabor où Jésus vient nous encourager car il ne nous laisse pas seuls. Dans la vie de tout chrétien il y a toujours le bonheur des petites Pentecôtes.

10.  La dernière Cène

Jésus allait partir. Vient le jour de son départ où il va disparaître de la vue. Nous ne le voyons plus. Mais il a voulu rester avec nous.  Comme les disciples d’Emmaüs le lui avaient demandé, il reste avec nous mais  sous une forme cachée : le pain et le vin eucharistiques.  Pour ce il se fait tout petit – petit format – nourriture et boisson : qui passent dans notre corps pour s’unir avec nous.

L’eucharistie est le vrai bonheur : celui de la présence du Christ parmi nous. Nous ne serons donc plus jamais seuls. Il y a le bonheur de sa présence continuelle et en plus le bonheur d’être nourris par son corps et son sang. Quel bonheur. Sans parler du bonheur de l’adoration eucharistique et de l’action de grâces; le bonheur d’être unis à sa croix et sa résurrection et de faire avec lui notre passage pascal..

L’eucharistie est le vrai bonheur du chrétien : mystère de présence, de proximité, de nourriture, d’abandon en geste de sacrifice, de puissance, de résurrection, de gage d’une vie au-delà de la mort. L’eucharistie est la clé de notre bonheur ; Oui, la Sagesse nous a rendus heureux.


Les mystères douloureux

11. L’agonie de Jésus

Quel secret de bonheur pourrait-il être caché dans le jardin des oliviers ? Apparemment aucun. Il n’y a que souffrance et tristesse.

Si. Il y a d’abord de bonheur de pouvoir crier sa souffrance et sa détresse telle qu’elle est vers Dieu. « Père enlève devant moi ce calice » . Le chrétien peut crier vers Dieu. Et il entend. Jésus le fera même d’une manière encore plus forte sur la croix : « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? » Le psautier est plein de cris et même de cris de révolte. Dieu nous permet – nous demande même – que nous lui criions de l’abîme de souffrance dans lequel nous nous trouvons, toutes nos angoisses, nos révoltes, nos protestations. Pourvu que nous continuions à les dire à Lui. II accepte même nos découragements comme Jésus était découragé se jetant à terre. Le bonheur de pouvoir être homme jusque dans les abîmes de notre angoisse.

Il y a aussi le bonheur de s’abandonner : Non Père, non pas ma volonté mais la tienne. Le bonheur aussi que nous ne devons pas nous étonner que nos amis dorment et ne se rendent pas compte de notre détresse. Même pas être surpris qu’un de nos amis nous trahit par un baiser Oui, le jardin des oliviers est une étape sur notre chemin du bonheur. Sur le chemin de Pâques il faut passer par le vendredi saint. Le bonheur chrétien n’est pas un bonheur facile. Il est à ce prix.

12. La flagellation

C’est le bonheur de tous les martyrs: être heureux de pouvoir souffrir pour le Christ. C’est le bonheur de Pierre et de Jean lorsqu’ils sortaient du Sanhédrin, le même Sanhédrin d’ailleurs qui quelques jours plutôt, avait condamné le Christ. « Les apôtres quittèrent donc le sanhédrin, tout heureux d’avoir été trouvés digne de subir des outrages pour le nom » (Act 5,41).

13. Le couronnement d’épines

La flagellation faisait souffrir Jésus dans son corps, mais le couronnement d’épines dans son âme. En plus Il était aussi humilié, ridiculisé. On le couronnait, lui mettant un sceptre dans les mains et un manteau pourpre sur les épaules. Une farce et une profonde humiliation. Mais il savait que sous ces apparences, il était vraiment le Roi des juifs. Le bonheur de savoir mieux. En vérité ils le consacraient vraiment roi des juifs sans le savoir.

De nos jours encore on se moque de nous les chrétiens, on nous tue par l’ironie et le ridicule. C’est peut-être la forme du martyre contemporaine. On ne décapite plus les chrétiens, on les rend ridicules. Mais il y a une joie secrète de pouvoir ressembler au Sauveur; couronné d’épines comme un roitelet quelconque, là où il était de Roi de l’univers.

14. Le portement de la croix

Le dimanche des Rameaux, Jérusalem accueille son roi avec des Hosanna et des palmes : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». La ville l’accueille en triomphe.Cinq jours plus tard, la même ville le vomit pour le crucifier en dehors de ses murs. Sagesse et bonheur de savoir que les Hosanna et les ‘crucifie-le’ peuvent se suivre de très près dans une vie chrétienne.

Mais le chemin de croix n’est pas seulement le chemin de la souffrance ; :il est aussi le chemin de la consolation. Car en bord du chemin, il y a des consolateurs : Véronique, Simon de Cyrène et les femmes qui pleurent sur Jésus. Le bonheur de trouver autour de nous dans toutes les situations de souffrance, une Véronique, un Simon, et des femmes qui pleurent et nous consolent ! Car ils ne manquent jamais sur notre chemin de croix, et ils transforment par l’amour notre malheur en consolation. Et il y a aussi un véritable bonheur à nous faire nous-mêmes sur le chemin de croix d’un de nos frères ou soeurs : Véronique, Simon, et les femmes de Jérusalem. Le bonheur d’être consolateur.

15. La mort de Jésus.

Sur la croix Jésus s’adresse de plus en plus à son Père. Celui-ci devient le personnage principal. Ce lieu de cruauté devient le lieu du contact intime avec son Père : le lieu de leurs confidences même.

Sept fois Jésus parle sur la croix : ce sont des paroles dont chacune contient une joie secrète: la demande de pardon pour ses bourreaux, le psaume 22 qui débute par un cri de solitude mais termine par un acte de confiance, la parole d’abandon où il se remet entre les mains de son Père.

La mort de Jésus contient le dernier secret du bonheur du chrétien: par l’abandon de soi-même dans la pure foi aveugle, Jésus réussit le passage de la mort à la Vie. Cet abandon est déjà la lueur de sa résurrection. L’acte de mourir est en même temps de dernier acte de souffrance ; celui de mourir aussi déjà le premier acte de la vie de ressuscité.


Les mystères glorieux

16. La résurrection

Nous devons tous mourir. Et pourtant nous sentons que nous ne sommes pas faits pour la mort. Le désir d’une vie après la mort habite le cœur de tous les hommes. Si la mort est vraiment la fin, notre bonheur n’est qu’un rêve illusoire. Saint Paul le dit déjà : « Si nous ne ressuscitons pas, alors mangeons et buvons, car demain nous serons morts ».

Mais non, notre mort n’est qu’un passage même s’il est un passage obligatoire. Par le tunnel de la mort nous avançons vers l’aurore d’une vie éternelle.

Toute l’humanité aspire à cette vie au-delà de la mort.  Mais les personnages sur les sarcophages païens ont le visage triste. Pour eux la vie après la mort n’existe pas ou elle n’est qu’une vie dans l’ombre, réduite. Quel bonheur que celui des chrétiens qui savent que le Christ est ressuscité comme premier d’entre les hommes et qu’il le suivront dans cette vie qui n’a pas de fin.

La résurrection est le cœur de notre bonheur. Et c’et la Sagesse – le Christ – qui nous a précédé dans cette vie éternelle et nous la garantit.

17. L’Ascension

Le Christ nous précède en entrant dans le ciel. Il nous y attend. Il est devenu ainsi le fondement de notre espérance. Par lui nous avons un avenir qui va au-delà de la mort.  Voilà donc un autre secret de notre bonheur : l’espérance. Le chrétien regarde devant lui beaucoup plus que le passé. L’essentiel doit encore venir : il est devant nous.

A une époque comme la nôtre, où le découragement et le désespoir sont partout, quel bonheur de pouvoir espérer d’une espérance qui ne s’appuie pas sur nos propres forces mais sur les promesses de Dieu.

18. La Pentecôte

Jésus veut rester présent parmi nous, même après son départ vers le Père. Cette présence est d‘abord celle dans l’eucharistie. Présence cachée sous les signes du pain et du vin.

Mais il nous a promis une autre présence encore plus intime. Il nous a promis son Esprit qui habitera notre cœur. Il nous le donne à la Pentecôte.

Ce ‘doux hôte de notre âme’ explique tout ce Jésus a dit durant sa vie et il nous fait comprendre la signification profonde de tout ce qui c’est passé dans la vie de Jésus, il nous console. En plus de l’Ecriture et les sacrements nous avons un Consolateur qui habite dans notre âme et qui nous accompagne tout au long de notre vie : un Maître intérieur.

Quel bonheur que d’avoir en nous l’Esprit de Jésus.

19-20.   L’Assomption et le couronnement de la Vierge Marie

La vie au ciel n’est pas testée au stade d’une simple promesse dont nous attendons la réalisation. Tout cela s’est déjà réalisé dans la Vierge Marie

La Vierge Marie est au ciel : avec son âme et son corps. L’Assomption c’est la réalisation du rêve que porte chaque être humain dans son cœur: c’est le rêve que son corps puisse connaître lui aussi la joie de son âme, qu’il puisse vivre pour toujours. Tous nous rêvons du bonheur éternel de notre corps, lui aussi.

Marie est la première qui avec son corps est entrée dans la vie éternelle ; elle connaît déjà la résurrection de son corps. Quel bonheur pour nos pauvres corps à nous !


La Sagesse a dit : « Je vais vous rendre heureux »

Voici donc les vingt composantes de ce bonheur qu’elle nous promet :

1- Le bonheur de dire ‘oui’ à Dieu, même si l’on ne voit pas comment cela se fera.

2- Le bonheur de courir en hâte  pour venir en aide à une Elisabeth

3- Le bonheur d’avoir un Dieu qui se fait tout petit pour nous

4- Le bonheur de pouvoir participer à la foi et aux pratiques de simples gens

5- Le bonheur de vivre avec un Dieu de surprises

6- Le bonheur de ce que Dieu nous devance toujours : il est toujours premier avec sa grâce

7- Le bonheur de pouvoir être pécheur devant Dieu, de confesser ses péchés et de recevoir le pardon. Le bonheur d’avoir une bonne nouvelle :les paroles de l’évangile

8- Le bonheur de voir comment les biens de la création (l’eau, l’huile, le pain et le vin)  deviennent la base de tous les sacrements, canaux de la grâce

9- Le bonheur d’avoir de temps en temps des petits Thabor pour nous consoler et nous encourager  dans notre marche vers Jérusalem

10- Le bonheur d’avoir la présence cachée de Jésus parmi nous dans l’eucharistie

11- Le bonheur de pouvoir crier nos angoisses vers Dieu et de nous abandonner à sa volonté. Le bonheur de ne pas être surpris que pendant que nous agonisons, nos amis dorment et même certains  peuvent nous trahir.

12- Le bonheur d’avoir pu souffrir pour le Nom de Jésus

13- Le bonheur de supporter les moqueries et d’être objet des ridiculisations à cause de Jésus

14- Le bonheur de savoir que Dieu mettra sur notre chemin de croix  toujours des Véronique, des Simon de Cyrène et des femmes de la compassion. Le bonheur de l’être nous-mêmes pour d’autres

15-  Le bonheur de pouvoir mourir comme Jésus : dans l’abandon entre les mains d’un Père.

16-  Le bonheur d’avoir la foi en la résurrection des morts.

17- Le bonheur d’avoir toujours un avenir et de pouvoir donc vivre dans l’espérance.

18- Le bonheur d’avoir présent en notre cœur un maître intéreur : l’Esprit de Jésus.

19- Le bonheur de savoir que notre corps vivra aussi éternellement

20- Le bonheur de pouvoir de contempler la Vierge qui nous précède dans la vie de ressuscités.

Voilà le bonheur que la Sagesse nous donne : « je vais vous rendre heureux ». Est-ce un hasard que ce sont précisément aussi les vingt mystères du rosaire de la Vierge Marie ? Ce n’est pas étonnant du tout : n’est-elle pas le trône de la Sagesse Elle nous présente Celui qui est la Sagesse qui nous dit : »je vais vous rendre heureux ».